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Une participante à la formation sur l’aide étrangère : l’expérience de la Chine offre de précieuses leçons à la Thaïlande

CIDCA| Mis à jour : 2026-09-04

Note de la rédaction : la coopération en matière de développement des ressources humaines dans le cadre de l’aide à l’étranger de la Chine est une fenêtre privilégiée permettant de mieux connaître et comprendre la Chine. En partageant l’expérience de la modernisation à la chinoise avec un grand nombre de pays en développement, la Chine contribue à bâtir une communauté d’avenir partagé pour l’humanité, à renforcer continuellement les liens entre les peuples ainsi qu’à approfondir l’amitié et la confiance mutuelle. Lancé par l’Agence chinoise de coopération internationale pour le développement (CIDCA) et organisé par le Centre d’échanges internationaux du ministère chinois de l’Agriculture et des Affaires rurales, un programme de formation sur la gestion et la conservation du patrimoine agricole en Thaïlande s’est tenu en Chine du 13 mai au 2 juin avec la participation de 29 fonctionnaires et universitaires. Une analyste chargée des politiques et de la planification au Bureau des affaires agricoles étrangères de Thaïlande, a pu approfondir sa compréhension de la Chine grâce à une visite d’étude dans le pays.

Afin d’apprendre de manière plus approfondie des concepts fondamentaux et des expériences pratiques associés aux Système ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM), j’ai eu le privilège, cette année, de me rendre en Chine pour assister au programme de formation sur la gestion et la conservation des systèmes du patrimoine agricole en Thaïlande, organisé par le Centre de services d'échanges internationaux du ministère de l’Agriculture et des Affaires rurales de Chine. La Chine est reconnue à l’échelle mondiale comme un pays possédant des connaissances de premier plan, de riches expériences et une profonde sagesse dans le domaine du patrimoine agricole. Ce parcours a non seulement élargi mes horizons, mais m’a également permis de mieux comprendre la Chine.

Durant le programme de formation, j’ai appris de manière systématique les principes, concepts et méthodes de gestion des SIPAM, et ai découvert les politiques de revitalisation rurale, les technologies numériques et les innovations agricoles modernes de la Chine. Je me suis rendue compte que la préservation du patrimoine agricole ne consiste p as à s’en tenir rigoureusement aux conventions. Il s’agit plutôt d’en préserver la vitalité et de leur permettre de s’adapter en permanence aux changements du monde.

La Chine considère le patrimoine agricole comme « un patrimoine vivant ». Elle adhère au principe fondamental de « transmettre tout en protégeant, et valoriser tout en transmettant » lors de la promotion du travail lié au patrimoine agricole. Ces concepts me semblent rafraîchissants. Je suis également consciente que le patrimoine agricole doit trouver un juste équilibre entre la préservation de ses racines culturelles et la réponse aux exigences du développement socio-économique contemporain, et qu’il doit se transmettre par une mise en pratique dans la vie quotidienne. 

La Chine préconise que « les Chinois doivent tenir leur bol de riz entre leurs propres mains et assurer eux-mêmes leur approvisionnement en céréales ». Ce concept philosophique m’a également laissé une profonde impression. Il démontre la détermination de la Chine à sauvegarder la sécurité alimentaire nationale grâce à la gestion systématique des ressources. La Chine associe la sagesse traditionnelle (telle que les vingt-quatre périodes solaires) aux technologies modernes et à l’innovation pour augmenter l’efficacité de la production et améliorer la qualité de vie des agriculteurs. Le progrès technologique n’est pas pour remplacer la sagesse traditionnelle. Il vise plutôt à construire un système de développement durable grâce à une synergie mutuelle.

Le programme de formation nous a également conduits à effectuer des visites de terrain sur des sites du patrimoine agricole et dans des zones de démonstration, notamment dans la province du Yunnan, dans la région autonome Zhuang du Guangxi et à Beijing. Ces visites m’ont amené à approfondir ma réflexion sur le concept de « patrimoine vivant ». Le patrimoine agricole n’est pas seulement une ressource culturelle, mais aussi une force importante permettant de générer des revenus et promouvoir la revitalisation rurale et le développement durable.

Le paysage culturel des forêts anciennes de théiers de la montagne Jingmai à Pu’er dans le Yunnan est le premier site du patrimoine mondial culturel consacré au thé, ainsi qu’un patrimoine agricole d’importance mondiale. Dans ce modèle où des forêts, villages et plantations de thé coexistent de manière harmonieuse, j’ai constaté la relation symbiotique et indissociable entre l’humanité et la nature, une relation qui perdure depuis des générations. Lors des visites sur le terrain dans les secteurs du thé Pu’er et du café du Yunnan, j’ai découvert l’intégration en profondeur de la production, de la transformation et de la valorisation de la marque avec le tourisme et le développement communautaire. J’ai également acquis une compréhension concrète des liens intrinsèques entre le patrimoine agricole, la création de valeur et le développement des communautés.

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Lors de leur voyage d’études dans la région autonome Zhuang du Guangxi, les participants ont découvert le processus de fabrication du thé au jasmin. (Photo par Yue Yuan)

 Dans la région autonome Zhuang du Guangxi, j’ai vu un cas d’intégration du patrimoine agricole et des technologies modernes. Nous nous sommes rendus dans la ville de Hengzhou, surnommée « la capitale mondiale du jasmin », qui abrite le plus grand marché de commerce de fleurs de jasmin de Chine. L’ouvrier chargé du parfumage du thé au jasmin a recours à la technique consistant à parfumer à plusieurs reprises les feuilles de thé avec des fleurs de jasmin fraîches, permettant ainsi au thé de s’imprégner profondément de ce parfum floral. Tel est le savoir-faire ancestral de la production du thé au jasmin. Les habitants du village culturel et artistique de Guyue préservent et transmettent la culture locale grâce à des activités telles que des spectacles de percussions, la création d’un musée du village et le tourisme culturel. J’ai aussi constaté l’application de l’intelligence artificielle et des technologies numériques à l’ensemble de la chaîne industrielle en Chine, ce qui m’a permis de découvir l’immense potentiel de la technologie pour soutenir le développement agricole et la préservation du patrimoine agricole à l’avenir.

J’ai également participé à l’événement de la Journée internationale du thé 2026, ce qui m’a permis de mieux comprendre comment le thé permet de rapprocher les personnes et les modes de vie et stimule le développement économique des communautés. Le rituel du thé et les cultures du thé de diverses régions chinoises m’ont impressionnés.

La véritable valeur du patrimoine agricole ne réside pas dans l’ancienneté de ses systèmes, mais dans sa capacité à profiter au peuple d’aujourd’hui et à transmettre durablement cette valeur aux générations futures. En Chine, le patrimoine agricole devient un mécanisme essentiel pour la génération de revenus, la revitalisation des zones rurales, le renforcement de la cohésion communautaire et le développement durable. L’expérience chinoise offre de précieuces leçons à la Thaïlande.

La culture du thé Miang, dans le nord de mon pays, reflète la relation étroite et ancienne entre l’être humain, les forêts et les systèmes agricoles. Elle intègre le savoir-faire local, les écosystèmes forestiers communautaires et les moyens de subsistance uniques. La Thaïlande possède également des régions de culture du thé et du café de grande qualité, chacune dotée de sa propre culture et de sa propre valeur. Le modèle de développement du patrimoine agricole fondé sur la « protection, la transmission et la valorisation » de la Chine peut être appliqué à mon pays.

La préservation et le développement du patrimoine agricole reposent sur une participation systématique, collaborative entre différentes autorités. Travaillant dans la coopération agricole internationale, j’espère pouvoir appliquer ces concepts de pointe, les expériences fructueuses et les meilleures pratiques de la Chine au milieu de la recherche et de l’analyse de mon pays. Je souhaite également contribuer à mieux orienter la coopération internationale, favorisant ainsi le développement durable des sites du patrimoine agricole de mon pays.

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